J6_le 17 avril

Nous sommes le 17 mars 2011. Le jour se lève sur Milan, mais tout le monde
dort encore dans les chambres de notre sympathique résidence. C’est à 10h30 que toute la troupe – bagages compris – se retrouve dans le hall. C’est en effet le dernier jour de notre voyage et ce soir nous dormirons dans le train. C’est donc entre nostalgie du départ et excitation de bruncher ce dimanche que nous attendons que tout le monde soit fin près pour allez manger chez Danese. Parce que oui, cette année, on est des gloutons gourmands !

À l’arrivée chez Danese nous avons pu régaler nos papilles avec de nombreux petits encas originaux, profiter de ce merveilleux service, de cette ambiance conviviale et familiale, deux petits chanceux ont même pu récupérer de merveilleux sacs collectors. Je pourrai vous énumérer dans le détail tout ce que nous avons pu déguster mais… priorité à Danese ! Fondée à la fin des années 50 par Bruno Danese et Jacqueline Vodoz, cette maison d’édition d’objets en série travaille en collaboration avec des artistes designer. Elle produit et vend leurs projets. C’est surtout grâce à leurs collaborations avec Bruno Munari et Enzo Mari que la maison devient connue. La rencontre entre Bruno Danese et ces deux grands designers se fait en 1958. Elle marque un changement radical pour Danese, puisque l’entreprise passe alors de la production d’objets uniques à la production d’objets en série. Ainsi est née la nouvelle collection d’objets du domicile qui ne s’adresse plus seulement à un marché d’élites. C’est alors que Danese devient ce laboratoire d’expériences et de concepts sur la réalisation d’objets en série, tout particulièrement dans le domaine du travail : tables et luminaires… Pourtant les temps ont changés et aujourd’hui, de part leur notoriété, leurs objets ne sont de nouveau plus accessibles qu’aux gens fortunés. Et malgré de nombreuses nouvelles collaborations avec de jeunes designers, tels que Marti Guixé, Matali Crasset, Yves Behar ou Jonathan Olivares, l’objet qui se vend le plus et fait actuellement 80 % du chiffre d’affaire de Danese est la mythique lampe Falkland de Bruno Munari réalisée en… 1964. Il est vrai qu’elle n’a pas pris une ride.

Nous avons trouvé assez agréable l’ambiance qui régnait dans ce lieu.
Contrairement à la plupart des autres vernissages où nous sommes allez, le brunch de Danese était accueillant et chaleureux. Alors que parfois nous ne nous sentions pas à notre place, chez Danese nous étions bien, entourés de gens décontractés. Il y avait là des familles, du nourrisson aux grands parents ; cela respirait plus l’ambiance mariage que celle d’un vernissage « branché » de design.

À la suite de Danese nous sommes allez voir la Nouvelle Vague Française,
dans les murs du Centre culturel français. Là, nous avons pu contempler quelques projets de notre cher Pierre Favresse. Projets que personnellement j’ai trouvé assez froids, exceptée la lampe dans « l’ampoule » que j’ai appréciée. Mais aussi des projets de A+A Cooren, Ionna Vautrin, et le Studio Nocc et Pool. Ce dernier a d’ailleurs créé une chaise de jardin tête de mort en plastique, baptisée Souviens-toi que tu vas mourir, qui nous interroge à la fois sur notre propre devenir et sur l’omniprésence du plastique dans notre société de consommation. Ou encore le vase Tourbillon de A+A Cooren, qui est le résultat d’une rencontre entre la conception par ordinateur et le travail artisanal d’un souffleur de verre.

Après un petit passage au Burger King, direction le nord de Milan, chez le
fameux éditeurs de meubles, tous plus singuliers les uns des autres, DROOG design. Né il y a plus de dix ans maintenant, aux Pays-Bas ce laboratoire expérimental de design continue à bouleverser les codes et les interdits, sans se soucier des tendances. Ont connaît DROOG, pour ces lampes conçues avec plein d’ampoules, ces bancs taillés dans un tronc d’arbres brut, ces tiroirs assemblés par des sangles élastique… et alors on se demande ce qui vont bien nous sortir pour nous épater encore et encore ???

Et ils nous ont pas déçu, durant le « Salone del Mobile » de Milan en 2011, Droog design a présenté son nouveau concept : Design For Download, le projet est de créer une plate-forme d’échange sur internet où les objets dessinés par vous même sont directement construits à partir de fichiers sur des imprimantes 3D. Ainsi l’utilisateur peut paramètrer le produit et le modifier à sa guise, s’il le souhaite, sinon il peut également choisir une création d’un designer ou d’un parfait étranger qui aurait lui aussi décidé de s’amuser sur le site. Le but est grossièrement de démocratiser le design en le rendant accessible à tous, alors on pourrait s’attrister et se dire que cette idée nous amènera, nous étudiants designers vers le chômage seulement on peut pas s’empêcher de penser que c’est juste super comme idée de mettre l’utilisateur au sein même de la chaîne de production le rendant ainsi conscient et responsable de l’objet qu’il achète. De plus, ce projet va se faire en correspondance direct avec les artisans les plus proches de chez vous afin que les produits ne fassent pas trois fois le tour de la terre pour rejoindre notre salon.
Droog Design envisage de lancer cette plateforme de téléchargement un peu plus tard dans l’année. Et la cerise sur le gâteau, dans ce principe c’est que l’on contrôle la gestion de notre meuble, ainsi on participe pas au marché de la grande distribution où nul ne sait où vas notre argent lorsqu’on achète un meuble, c’est donc une rébellion complète contre un système qui perdure depuis maintenant bien trop d’années et qui doit stopper afin de redonner un peu plus de vie et d’humanité a nos sociétés. Eh là, on se dit que Droog n’as pas fini de nous étonner et ca fait aussi du bien de voir que le design à Milan c’est aussi autre chose que des chaises en bois et des chaises en bois. Mais bon, il est temps maintenant de quitter cette belle exposition pour célébrer cette folle semaine au resto tous ensemble.

Alors toute la troupe se retrouve enfin à 19h, au restaurant Grand’ Italia, pour un dernier repas milanais : goûter la fameuse oreille d’éléphant (ou escalope milanaise) tant vantée par Anna. Après ce bon diner et la difficile addition : séparer en 16 (sachant que chacun avait mangé pour un prix différent) puis rajouter deux euros par personne pour le service, ce qui fait… ha oui, mais j’ai oublié l’espresso, etc, etc, puis la longue attente à l’extérieur du restaurant pour que le patron recompte tout. Entre les cartes de crédit, les espèces et… son esprit commerçant,il manquait bien sûr de l’argent. Heureusement notre Bernagozzi international lui démontra avec le sourire que le compte y était. Après quoi, nous avons enfin pu retourner à la résidence pour récupérer nos sacs.
L’heure du départ approche, il est tant d’aller à la gare prendre notre
train. Direction Paris, si Sébastien veut bien retrouver son passeport et Juliette son permis de conduire…

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